Depuis le milieu des années 2000, la fonction publique vit une période de profondes transformations, lesquelles se sont multipliées très récemment. Cette nouvelle édition du « Précis » montre que la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la fonction publique poursuit les recours aux contrats de recrutement en lieu et place des concours sur l’ensemble des versants de la fonction publique : État, collectivités locales, hôpitaux, statuts autonomes (agents des chambres consulaires et médecins hospitaliers).
Ces textes, et leurs nombreux décrets d’application, ouvrent une brèche significative dans la situation légale et règlementaire, statutaire des fonctionnaires.
Le statut général de la fonction publique n’a jamais signifié le statu quo. C’est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier. Pour autant, les évolutions ne sont pas linéaires. Les réformes de 2019-2021 n’ont pas pleinement produit leurs effets ; la rupture conventionnelle du lien de fonction publique est assez peu mise en œuvre par exemple. C’est que la fonction publique est saisie par les choix austéritaires et budgétaires des gouvernements qui se succèdent rapidement. La rémunération des agents publics en congé de maladie a été réduite. Des indemnités comme la garantie individuelle de pouvoir d’achat ont été supprimées. La réforme des pensions civiles et militaires commence à avoir des conséquences sur la condition des agents publics qui aspirent à être admis à la retraite.
Ces transformations depuis le début du IIIe millénaire révèlent une fonction publique ignorée et à découvrir tant le service de l’intérêt général se charge de préoccupations liées à l’habitabilité de la planète, la transformation numérique des missions, la transformation sociale des usagers des services publics et aux effets des mouvements géopolitiques sur les politiques publiques, par exemple mais pas seulement dans la fonction publique militaire.
Toutes ces évolutions, plus ou moins récentes, décomposent le mobile de l’intérêt général. Elles amènent les fonctionnaires, dans des proportions plus importantes qu’auparavant, à faire défections de la fonction publique (démission, multiplication des mises en disponibilité, etc.) et montrent en creux un certain défaut d’attractivité de la fonction publique de la part des potentiels jeunes candidats aux recrutements. Des mesures de fidélisation des agents, une révision des concours de recrutement, des procédés d’accélération de la carrière, etc., sont prévues et en cours de traduction dans des lois et des règlements.