Défendre l'humanité en protégeant son patrimoine. Volume 47
Sommaire

Introduction

Première partie : Redéfinir l’humanité, en identifiant un coupable

Chapitre 1 : Trouver un coupable pour protéger sa cible, la criminalisation de l’ennemide l’humanité

Chapitre 2 : La patrimonialisation comme politisation au sein des anciennes opérations de paix

Chapitre 3 : L’environnementalisation comme dépolitisation au sein des nouvelles opérations de paix

Deuxième Partie : Redéfinir l’humanité, en protégeant les victimes

Chapitre 4 : L’incarnation de l’humanité, de l’individualisation à l’universalisation des victimes

Chapitre 5 : L’humanité comme moyen, la stratégie de l’UNESCO au sein d’une « guerre rhétorique »

Chapitre 6 : L’humanité comme fin, la stratégie des acteurs humanitaires au sein d’une « guerre réelle »

Troisième Partie : Redéfinir l’humanité, en promouvant ses défenseurs

Chapitre 7 : La crise, une occasion pour l’UNESCO de se présenter en défenseur de l’humanité

Chapitre 8 : La politisation institutionnelle par les États membres, porte-plumes de l’humanité

Chapitre 9 : La politisation comportementale de la Directrice Générale, incarnation personnifiée de l’humanité

Défendre l'humanité en protégeant son patrimoine. Volume 47

Edition : N° 1 - Avril 2021
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Description

A partir de juin 2012 le groupe terroriste Ansar Dine s’empare du Nord du Mali. De nombreux sites historiques et culturels sont alors détruits et pillés. Le 25 avril 2013, le Conseil de Sécurité charge la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) par le biais de l’alinéa f) de la résolution 2100 de « protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques, en collaboration avec l’UNESCO ». Or, les sites historiques et culturels du pays réhabilités et reconstruits en priorité par l’unité ‘Environnement et Culture’ de cette opération ont été les sites classés sur la liste du patrimoine mondial, à savoir les mausolées de Tombouctou. Alors qu’en 2015 le groupe terroriste ISIS entame une campagne de destruction systématique des sites du patrimoine mondial irakiens et syriens, la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA devient le symbole de la défense de l’humanité face à l’inhumanité, de la civilisation face à la barbarie. Fondée sur une observation participante à l’UNESCO et au Département des Opérations de la Paix de l’ONU, mais également sur des entretiens avec les fonctionnaires onusiens au siège et sur le terrain des opérations de paix ainsi que sur un travail d’archives, cette thèse vise à comprendre comment une initiative ponctuelle et locale telle que la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA est devenue, à la faveur d’un contexte de crise, le cœur d’une rhétorique prétendant à l’universalisme. Afin de faire de la MINUSMA un précédent pour les futures opérations de paix, trois types d’acteurs (l’UNESCO, sa Directrice Générale et certains de ses Etats membres) ont en effet donné corps à l’humanité par le biais de son patrimoine commun : en identifiant les coupables (par un processus de criminalisation) et les victimes de sa destruction (par un processus de victimisation) mais aussi ses défenseurs (par un processus d’héroïsation).

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