Si les saisies et confiscations sont anciennes dans le droit pénal français,
elles ont connu depuis quinze ans une extension majeure de leurs conditions de
mise en œuvre. Que ce soit les peines complémentaires de confiscation, dont les
conditions ont été étendues, ou les procédures de saisie, les saisies sont
passées d’un rôle probatoire à une fonction patrimoniale.
Ces évolutions, législatives puis prétoriennes, ont été accompagnées par la
création d’une institution nouvelle : l’Agence de gestion et de recouvrement des
avoirs saisis et confisqués, l’Agrasc.
Pensées comme outils de lutte contre la délinquance et la criminalité dans leurs
aspects patrimoniaux, les saisies et confiscations pénales obéissent à des
règles dont l’application soulève des difficultés sans cesse renouvelées pour
l’ensemble de la chaîne pénale, policiers, gendarmes, magistrats du parquet et
du siège. Il faut dire que la matière est à la confluence du droit pénal et du
droit civil des biens, des sûretés, des régimes matrimoniaux et des obligations,
mais aussi des procédures civiles d'exécution et collectives. A ces difficultés,
la jurisprudence y répond par touches successives, en tenant compte d’un cadre
conventionnel international et européen à la fois offensif et protecteur des
droits fondamentaux.
Cette quatrième édition présente l'ensemble du dispositif législatif et
jurisprudentiel encadrant les saisies et confiscations pénales, tant au plan
national, qu’au titre de l’entraide judiciaire européenne et internationale.
Elle est notamment à jour de la loi no 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir
la France du piège du narcotrafic qui étend au trafic de stupéfiants la
procédure administrative de gel des avoirs, de la loi no 2024-582 du 24 juin
2024 améliorant l’efficacité des dispositifs de saisie et de confiscation des
avoirs criminels. Elle intègre également la loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023
d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur qui a organisé la
saisie des actifs numériques.
Ce traité s'adresse autant aux magistrats du siège et aux membres du ministère
public, greffiers, enquêteurs, qu'aux avocats, commissaires de justice, notaires
ou responsables juridiques d’établissements financiers.
Docteur en droit, Lionel Ascensi est magistrat, actuellement premier
vice-président au Tribunal judiciaire d'Angers. Il a été précédemment conseiller
référendaire à la Cour de cassation. Il est par ailleurs professeur associé à
l'Université d'Angers, où il est membre du Centre Jean Bodin - Recherche
juridique et politique (UPRES EA 4337).
Ouvrage couronné du prix du Livre de la pratique juridique 2019, au XIe salon du
Livre juridique du Conseil constitutionnel. et du Club des juristes.
N° d'édition : 4
Collection : Dalloz Référence
Parution : Octobre 2025